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26. Voir l'Avenir depuis l'Ocean Viking (2/4)

Relevé photographique développé à bord de l'Ocean Viking entre le 13 et le 18 mai 2024 à partir des quatre couples de verbes d'action qui constituent programme de création du Navire Avenir (naviguer sauver / abriter habiter / partager raconter / relier arriver). Dans le cadre du partenariat scientifique et technique noué en 2020 par le PEROU avec SOS Méditerranée, Pilotes Volontaires, l'AP-HM et l'Association des usagers de la PADA pour la création du premier navire spécifiquement conçu pour le sauvetage en haute mer et pour la concrétisation de l'instruction auprès de l'UNESCO visant à faire inscrire les gestes de l'hospitalité vive au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité.


deuxième étude : abriter habiter


Où il est question d'accueillir, de faire attention, d'orienter, de réconforter, d'assister, de réchauffer, de soutenir, d'appeler à l'aide sur le canal numéro 3 des radios de l'équipage, de prononcer distinctement et deux fois « medical emergency », puis de se localiser sur le pont, de faire de l'espace, de faire du silence, de scruter le moindre souffle, de tenir le rythme précis des pulsations, de garder les bras bien à la verticale, d'appuyer avec la force de tout le corps non des seuls bras, de bien accompagner le mouvement de retour de la poitrine jusqu'au bout sans en perdre le contact, de savoir que c'est rapidement épuisant, de n'agir qu'avec les deux pouces s'il s'agit d'un petit enfant.

Où il est aussi question d'identifier, de confier à chacune et chacun un petit sac bleu dit "welcome bag", d'acheminer vers les douches, de l'odeur du fuel et du sel et des corps meurtris, de chaussures, d'affaires propres, d'abri pour les hommes, d'abri pour les femmes, des violences sexuelles, de traumas indicibles.

Où il est aussi question de rideaux, de toiles, d'attaches, de nœuds, de liens, d'accroches, de rafistolages, de bricolage, de coutures, de sutures, de réparations encore, de nouages, d'une structure comme un auvent pour l'espace commun, de soleil et de vent et des vagues jusque sur le pont.

Où il est aussi question de fontaines à eau, de rations alimentaires, de riz si c'est possible, de thé chaud constamment, de sucres beaucoup, de déchets, de compactages, de nettoyages, containers, de stockages, d'inventaires.

Où il est question enfin des espaces réservés aux seuls membres d'équipage, de quelques images sur les murs, de Maradona, des lumières, de promiscuité, des cuisines, de la beauté des repas à 7h30, 12h, et 17h30, du mess trop petit pour accueillir les 25 membres d'équipage, d'une langue anglaise aux accents multiples, du canal numéro 2 de la radio pour la nuit, du groupe WhatsApp, de la « diary room », des canapés, du cuir usé, de la guitare, du constant vacarme des machines, de la fatigue, des nausées, des tensions, des cigarettes, des tatouages, de la fonte, de machines de salles de sport encaissées en fond de cale, de la musique battante dans les écouteurs, des échappatoires sur les ponts supérieurs, de la nécessité des recoins comme de l'horizon, de l'impossible échappée, de la tragédie, de la force, de l'oubli de soi, des convictions, d'une petite plante grasse offerte par deux jeunes filles du rivage pour remercier l'équipage de l'Ocean Viking pour cette humanité si tenace, des générations futures donc aussi, et de la joie et du chant et de la danse, inlassablement.





























































































































































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