top of page
Rechercher

17. Qui pour dire la splendeur de ce qui vient ? (sur tout ce qui nous mène au Centre Pompidou)



Le 23 septembre, le Pape François prononce un discours d'une force exceptionnelle. « Les migrants n'envahissent pas, mais cherchent l'hospitalité », clame-t-il devant 60 000 fidèles réunis dans l'enceinte du Stade Vélodrome à Marseille. Le chef de l'Eglise catholique de fustiger alors l'Europe devenue criminelle, rongée par un « fanatisme de l'indifférence ». Et de pleurer cette tragédie qui « ensanglante la Méditerranée », Mare Nostrum qui pourtant « porte en elle une vocation universelle de fraternité ».


Ces paroles, retransmises à l'envi, soulagent et réorientent bon nombre d'entre nos contemporains en ces temps terriblement confus. Elles permettent de rendre leur éclat à certaines évidences, de réanimer la langue face à quiconque tient encore le discours de la fermeté et de la fermeture. Ces paroles offrent certains appuis nouveaux dans la bataille, plus de souffle encore pour rappeler que les criminels sont les Etats européens qui entravent le sauvetage en mer Méditerranée, non les ONG qui quotidiennement s'y emploient ; que toutes les polices aux frontières sont les complices objectives des passeurs dont le commerce n'est jamais plus florissant que lorsque le passage est empêché ; que les hors-la-loi sont les organisations qui font violence aux personnes cherchant refuge, non les collectifs se mobilisant sur mer comme sur terre pour les sauver, les soigner, les accueillir ; que les véritables illégaux sont les partisans du rejet desdits « clandestins », non les sans-papier eux-mêmes que les lois reconnaissent et que le droit d'asile abrite, sommet de civilisation s'il en est.


Aux identitaires, la messe a donc été dite à Marseille, et plus rien ne saurait encore tenir de leur charabia, dit « théorie du grand remplacement », proféré au nom d'une prétendue civilisation en danger : la raison chrétienne leur donne tort ; de source sûre, il est rappelé que l'identité européenne et indissociablement méditerranéenne porte en ses fondements l'hospitalité radicale, et ne s'y oppose donc pas ; les barbares menaçant de nous « grand-remplacer », ces ennemis des valeurs de notre civilisation s'organisant pour l'anéantir, sont donc précisément celles et ceux qui ont fait de l'hostilité un programme, et de la haine une vertu.



Dans le ciel des idées, la partie est gagnée. Mais force est de constater que la cité ne cesse de s'enfoncer, et que la violence gagne chaque jour un peu davantage aux frontières européennes comme juste là, au bout de la rue. C'est que quelque chose, si ce n'est à peu près tout, demeure inaudible de cette hospitalité clamée et réclamée des hauts-lieux. Nombre d'organisations militantes en France notamment se sont évidemment saisies de l'aubaine papale : s'en référant abondamment à ces paroles puissantes, des communiqués ont régulièrement circulé ces derniers jours pour claironner encore plus fort l'accueil comme devoir de civilisation, l'hospitalité comme impératif catégorique. Chacune et chacun doit pourtant le savoir : nous n'en pouvons plus, collectivement, individuellement, d'entendre et de lire cela, cet appel au « devoir d'hospitalité », cette injonction morale à l'accueil. Ce climax papal, ce moment extraordinairement contradictoire où ont cohabité la hauteur du verbe et le renforcement des politiques d'hostilité les plus basses - comme l'illustre, entre mille autres exemples, l'arrêté d'interdiction des distributions alimentaires publié ce 10 octobre par la Préfecture de Paris – pourrait nous servir à cela : à passer à tout autre chose, à changer radicalement de ton, de discours, de la manière dont nous nous parlons, afin qu'une politique de l'hospitalité digne de ce nom, c'est à dire extraordinaire, advienne enfin.


Il est impossible que nous n'ayons pas encore compris la violence de cette injonction au « devoir d'hospitalité » aux oreilles de celles et ceux qui autour de nous n'en peuvent plus, qui connaissent l'angoisse d'une précarité radicale pour eux-mêmes et leurs proches, qui voient la détresse et la misère grandissantes sous le périphérique parisien ou sur la lande calaisienne, à qui donc l'on ordonne, puisqu'on s'adresse à la collectivité tout entière, de faire un effort pour accueillir. Il est impossible de ne pas avoir encore pris la mesure du mépris qui hurle dans cette semonce, et l'insensé procès en inhumanité qui la sous-tend : vous êtes immondes de ne pas accueillir dit-on à nos parents, nos amis, nos voisins. Il est impossible de ne pas avoir encore compris pourquoi certaines de ces personnes alors, si loin d'être « radicales », se tournent vers le Rassemblement National, pour que cessent ces leçons enfin.


Il est tout aussi impossible de ne pas avoir encore compris la violence de cette exigence d'un « effort à faire » pour les personnes migrantes elles-mêmes, ainsi décrites sur la place publique comme poids et fardeaux, contraintes et charges coûteuses, rebuts humains manifestement. Il est impossible de ne pas avoir pris la mesure des politiques désastreuses que ces positions campées, mâchoires serrées, savent faire se déclencher quand leur « pression » devient forte : dispositifs sans avenir de gestion de crise ; manœuvres administratives insensées pour la répartition des corps « pris en charge » dans pays, régions, centres, containers, acronymes irrespirables.


Il est impossible enfin de ne pas avoir compris la violence des arguments chiffrés, des diagrammes commentés mille fois par les spécialistes ès politiques migratoires, de gauche à l'évidence, nous expliquant combien ces migrants ne sont pas si nombreux, combien nous n'avons que peu pris notre part, contrairement à tel ou tel voisin plus vertueux. Violence à l'endroit de celles et ceux dont il s'agit, dont on laisse entendre que s'ils étaient nombreux – mais quand commence le nombre au juste ? – nous pourrions peut-être revoir nos principes et politiques d'accueil, et décider par exemple d'interdire aux collectifs parisiens de poursuivre leurs distributions alimentaires parce que maintenant, quand même, ça suffit. Violence à l'endroit de celles et ceux qui, à Calais ou Paris 19e, connaissent réellement l'innombrable juste au bout de la rue, et n'entendent plus rien à ces démonstrations de professeurs patentés, et en viennent à souhaiter en effet que tout cela cesse. Violence, aussi, pour les générations futures que ces savants ignorent magistralement, pour nos enfants donc qui connaîtront des mouvements migratoires au centuple, des migrants bien au-delà de ce que pourraient traduire tous les chiffres et les diagrammes aujourd'hui en usage, des foules immenses de « chercheurs d'hospitalité » poussés de toutes parts sous les effets directs et indirects du choc climatique qui s'annonce.


Quelque chose de désespéré traverse donc cette amplification du message papal, et ces échos démultipliés hurlant d'accueillir, demeurant chacun à leur manière hors-sol et qui, loin de provoquer un meilleur, concourent à ce que cela s'aggrave.




Atterrir suggère Bruno Latour, s'étonnant notamment que nous nous contentions en politique de trois ou quatre grands principes imperturbablement ressassés pour nous orienter, alors que le monde, et ses crises les plus profondes, sont d'une infinie complexité exigeant des boussoles autrement plus raffinées pour s'y repérer, et y répondre. Atterrir, c'est dans un sens très littéral l'horizon que donne au PEROU – Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines - son co-fondateur, le jardinier Gilles Clément. Ce dernier est d'abord un fin botaniste répétant qu'il n'y pas de mauvaises herbes, mais seulement des mauvaises nomenclatures, des mauvaises manières de décrire et nommer les choses, les êtres, le monde. C'est simultanément un inlassable ouvrier dont le geste quotidien, au beau milieu du jardin en mouvement, pluriel, conflictuel, débordant, incontrôlable, consiste à donner de la splendeur à ce qui se présente, à soutenir, accompagner, magnifier les formes et les forces de vie qui surgissent, qu'il convient donc de bien connaître et reconnaître. Tel est, à la lettre, le programme que poursuit le PEROU au beau milieu des situations de péril où depuis dix ans il s'efforce d'agir. À savoir : relever, comme le dit si bien le verbe de l'anthropologie, ce qui au milieu du désastre n'est pas de l'ordre du désastre, et, avec les outils de l'architecte, du designer, du graphiste, du juriste, du plasticien, du chorégraphe, du cinéaste ou de l'écrivain, lui faire de la place, en augmenter la présence effective au monde, inlassablement. C'est un régime politique, et esthétique, de l'affirmation qui gouverne les actions du PEROU que nous formons, un « nous » sans délimitation, constitué et reconstitué au gré des situations.


Des bidonvilles de l'Essonne à la Jungle de Calais, des trottoirs de Paris avec les sans-abri jusque dans les périphéries des villes avec les personnes âgées bientôt, nous nous appliquons non à archiver et publier les preuves du désastre, mais à constituer l'archive de ce à quoi nous tenons, de ce à quoi tient notre humanité, pour en consolider la tenue. Ici comme ailleurs, en actes, nous archivons ce qui vient pour en provoquer la venue : les actes de l'hospitalité vive en particulier, pour les faire s'étendre, infiniment. À l'horizon de nos actions, qui sont des levées éparses de textes et d'architectures, des expérimentations bâtisseuses sporadiques, mais qui sont aussi des actes de recherche que nous publions et transmettons à tout va, nous visons des politiques neuves à déployer, respirables enfin. Pour échapper à ce mouvement perpétuel – enchaînement et déchaînement - de violence et contre-violence creusant les impasses que nous connaissons.


L'hospitalité se constitue d'une myriade de savoirs et savoir-faire pratiques et proliférants, au présent, en contextes, à relever, faire tenir, vivre, retentir, resplendir, et proliférer davantage encore. Telle est l'histoire que nous nous efforçons de nous répéter et d'écrire à l'épreuve de situations frappées d'une mauvaise réputation telle que rien de désirable, a-t-on coutume de penser, ne saurait en advenir. C'est la beauté et la portée des gestes bâtisseurs qui s'inventent ici et maintenant, malgré tout, aussi infimes soient-ils, que nous nous obstinons pourtant à décrire. C'est leur puissance d'actes fous d'humanité que nous nous appliquons à faire retentir, pour construire dans leur sillage, à leur hauteur.


Tout s'y oppose à vrai dire, car la mauvaise réputation est tenace, nourrie de toutes parts. Une certaine police y voit, dans ces gestes, un délit dit « de solidarité », dont il fut question en 2017 lors du procès de Cédric Herrou notamment, délit qui fut cassé en partie par une décision du Conseil Constitutionnel en juillet 2018. Mais l'idée a la vie dure, et on l'entend résonner incessamment ici ou là, comme dans cette décision du Préfet de Police interdisant les distributions alimentaires de se prolonger sur le sol parisien. Comme si cela pouvait s'entendre autrement que comme une folie pure.


D'autres, d'un tout autre endroit, les décrivent comme lamentables : ce sont des gestes qui ne devraient pas avoir lieu, des gestes désespérés – désespérants –produits à défaut de véritable politique, pour « pallier à » l'Etat, comme on dit. Dans le même ordre d'idées, certains filent plus loin, accusant ces gestes de couvrir le crime étatique empêchant que la vérité nue apparaisse sur scène, cette précarité effroyable à coller sous le nez des puissants, événement radical réputé nécessaire pour que quelque chose advienne, définitivement. D'autres encore, d'un endroit peuplé de nombre de penseuses et penseurs contemporains, y perçoivent une insupportable dissymétrie, lisant dans ces gestes de sauvetage, d'accueil, de soin un (néo)colonialisme increvable répartissant les places, immuables : sauveteurs, héroïques, d'un côté ; sauvés, passifs, de l'autre.


Et puis il y a le devoir martelé par le Pape François à Marseille, cette impérieuse nécessité morale qui alourdit et assombrit ces gestes, leur donnant le poids d'une passion triste, d'un sacerdoce par temps de désespoir infini, d'un ordre divin quoi qu'il en soit du quotidien terrestre, discours les faisant donc se défaire aussitôt proféré.






Avec le PEROU, nous n'avons cessé depuis 10 ans d'enquêter en dépit de tous ces vents, de parcourir les landes et les lisières, de rencontrer celles et ceux qui œuvrent, dans l'épaisseur des relations, dans la difficulté immense et, simultanément, la joie intense. Nous avons appris de la bouche de celles et ceux qui cherchent refuge la fatigue et la douleur et la joie simultanément, la puissance et la beauté de l'accueil épars, et combien tels ou tels gestes maintiennent vifs les rêves colossaux, les espoirs fous. Nous avons aussi appris de la bouche de celles et ceux qui s'organisent, accueillent, hébergent, soutiennent, la fatigue et la douleur et la joie simultanément, l'intelligence inouïe, les langues qui s'inventent, les organisations insensées, le tact et le soin, la bienveillance et la tendresse, infiniment. Nous avons tendu l'oreille également, d'une manière ou d'une autre, aux générations futures, à ce qui du lointain des temps à venir appelle, considérant les extraordinaires tumultes qui s'annoncent, et donc l'exigence que ces gestes précis leur parviennent, se perpétuent exactement. Nous nous sommes efforcés de documenter, dessiner, consigner, inventorier ces gestes pionniers, malmenés, mal-nommés : cette hospitalité vive donc, ce bruissement extraordinaire d'inventions, ce mouvement tentaculaire non traduit en politique encore, non advenu comme programme. Et, nous nous sommes approchés ces dernières années d'une part singulière de ce bien commun, à savoir des gestes précis de marins sauveteurs qui œuvrent en mer Méditerranée : de l'art de scruter l'horizon pour y reconnaître l'appel d'une embarcation en péril ; de la manière de s'approcher, de rassurer, d'arracher à la mer, de réconforter, de soutenir, de s'adresser, d'épauler, de soigner. Et, nous avons fait connaissance, dans l'intimité de ces gestes, avec toute la beauté dont ils sont faits. Et nous nous sommes saisis du formulaire ICH-01 de l'UNESCO nécessaire pour toute requête visant à faire inscrire un élément au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité, afin de faire reconnaître cette beauté, cette portée. Pour imaginer alors une politique, extraordinairement active, visant à les faire proliférer.


Le Navire Avenir est le premier navire d'une flotte mondiale qui verra le jour un beau jour de 2025. Voici ce qui est inscrit sur le carton d'invitation à l'inauguration de l'Avenir que nous offrons depuis 2020 aux quatre vents. Car cela fait trois ans que nous nous sommes réunis, à plus de 500, pour dessiner ce bâtiment pionnier, le premier au monde spécifiquement conçu pour le sauvetage en haute mer, « conservatoire de gestes » et, à ce titre, l'un des volets du « plan de sauvegarde » que nous avons renseigné dans le formulaire ICH-01 de l'UNESCO. Car nous avons commencé par concevoir ce carton d'invitation, ainsi que le discours d'inauguration qui sera tenu par la directrice générale de l'UNESCO, puisqu'il ne peut pas en être autrement.


Ce fut d'abord à Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz, que fut contée cette histoire du Navire Avenir. Celle-ci, en 2020, invitait le PEROU à proposer une pièce pour les 10 ans du Centre. Alors que nous étions à Rome, dans l'épaisseur de ce formulaire ICH-01, nous lui proposions cela : créer le premier navire de cette flotte mondiale, le Navire Avenir, surgissant du Musée international d'art contemporain comme une œuvre échappée de sa réserve. C'est la première directrice d'une institution culturelle qui a accueilli cette idée de ce navire comme « Really-made pour le 21e siècle » : non une œuvre de plus déplorant l'étendue du désastre, non une œuvre de plus constituant l'archive de notre naufrage comme s'il pouvait en advenir quelque sursaut que ce soit, mais une « œuvre agissante » conçue pour faire s'amplifier ce qui, d'ores et déjà, s'invente. Puis, depuis trois ans, nous avons cheminé de résidence en résidence dans diverses autres institutions culturelles de France et d'Italie avec marins sauveteurs, rescapés, soignants, pour dessiner ce navire manquant, nécessairement le plus beau du monde. Ce catamaran de 69 mètres de long est aujourd'hui modélisé, et reste à réaliser. Pour cela, il nous faut collectivement lever les 27 millions nécessaires à sa construction et son lancement, en 2025, à Lampedusa. Car, entre temps, nous avons pris date avec les villes de Lampedusa et Agrigente déclarées, en mars dernier, capitales culturelles italiennes 2025. À leur programme, parmi les 42 projets défendus, est inscrit l'inauguration de l'Avenir, en présence donc de la directrice générale de l'UNESCO, dont nous avons d'ores et déjà rédigé le discours. Alors, au Centre Pompidou-Paris le mercredi 18 octobre à 19h, nous ouvrirons la levée de fonds qui démontrera la force visionnaire et financière que nous sommes.


Le Navire Avenir n'est qu'un navire, et il en faudra des dizaines pour nous retrouver réellement au rendez-vous de ce qui vient. Ces dizaines de navires ne seront que des navires, et il faudra de tout autres rivages, européens en tout premier lieu, ô combien davantage à la hauteur : extraordinairement accueillants. Mais un tel programme est déjà écrit dans ces gestes qu'une multitude d'entre nous adresse à celles et ceux qui cherchent refuge, gestes qui demandent à être décrits pour ce qu'ils sont : une politique d'avenir, en puissance. Cela demande de faire de la politique comme on jardine, et de ne cesser de garder les yeux rivés sur la splendeur de ce qui vient, et donc a lieu.


Qui pour dire cela aujourd'hui, dans les travées de l'Assemblée nationale où une énième « loi immigrations » va voir s'affronter les immondes et les moralistes, toutes et tous hantés par l'état catastrophique du monde ? Qui pour dire cela aujourd'hui, durant cette campagne pour les élections européennes où, à la fascination des frontières, une fascisation exactement, ne seront opposées que des opprobres et antiennes que nous connaissons par cœur, et qui ne nous lèvent plus, si tant est qu'elles nous aient mobilisés, réellement émus un jour ? Qui pour dire la splendeur donc de ces rêveurs colossaux que sont celles et ceux qui s'élancent vers l'Europe avec, en tête, un désir politique pour ce continent donnant à celui-ci une chance inouïe de perdurer comme politiquement désirable ? Qui pour dire la splendeur des ces gestes qui font tenir ces rêves, qui maintiennent ces vies sauves, qui bâtissent des lieux, des histoires, des relations, des horizons, de simples instants parfois mais qui mis bout à bout dessinent un paysage-monde de toute beauté ? Qui pour dire que le nombre n'est pas la catastrophe, que l'innombrable des migrants à venir désigne simultanément la multitude extraordinaire de gestes bâtisseurs qui s'inventeront à leur rencontre ? Qui pour dire que dans ce monde à venir ne cesseront certes de manquer des navires et des rivages, mais que nous ne cesserons de les construire ? Qui pour dire cela, sinon le poète, en la personne de Mathieu Riboulet, qui nous a quittés en 2018, mais dont les toutes dernières lignes de son tout dernier livre nous sont restées à l'oreille comme une boussole depuis le tout début de ce chantier naval, lignes ainsi écrites :


« Nous sommes là où notre présence fait advenir le monde, nous sommes pleins d'allant et de simples projets, nous sommes vivants, nous campons sur les rives et parlons aux fantômes, et quelque chose dans l'air, les histoires qu'on raconte, nous rend tout à la fois modestes et invincibles. Car notre besoin d'installer quelque part sur la terre ce que l'on a rêvé ne connaît pas de fin. »






Texte paru le mercredi 18 octobre dans AOC.

Le Navire Avenir s'est établi en résidence sur la Piazza du Centre Pompidou du 17 au 22 octobre, le plan à échelle 1 de son pont principal ayant été tracé alors par une trentaine de membres du collectif qui porte le projet, dont Ousainou Mboob, l'un des 500 membres de l'Association des Usagers de la PADA, association dont le siège, où est conservée la maquette au 100e du navire, est à Marseille.



158 vues0 commentaire

Comments


bottom of page